Roger de Coninck


La grande ferme au Pas de Calais, 89x115cm, 1993
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La grande ferme au Pas de Calais, 89x115cm, 1993
La chaise noire, 92x73cm, 1999
L'église du village, 61x100cm, 1993
Hôtel de la plage Westende, 81x91cm,2001
Crépuscule à Nieuport, 54x65cm, 1992
Cabines à Nieuport , 91x65cm, 1988
Cabines à la Panne, 77x100cm, 1993
Mon atelier, 92x73cm, 1994,
La table anglaise, 65x81cm, 1998
Le repas du soir, 92x73cm, 2000
Maison en Provence, 64x53cm, ?
Plage, 61X38 cm, 1945
Mon atelier, 92x73cm, 1994
Nieuport vue de l'Ermitage, 129x 97cm, 1988
Nieuport, 60x38cm, 1959
Vacances en Bretagne, 89x124 cm, 1997
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du 5 septembre au 4 octobre 2026: Hommage au peintre Roger de Coninck (1926 – 2002)

Vernissage le dimanche 6 septembre de 14 à 18h

Roger de Coninck, la fidélité à la lumière

Cette exposition commémore le centenaire de la naissance du peintre belge Roger de Coninck, né à Diegem le 10 mai 1926 dans une famille de papetiers dont les papiers et cartons servirent de support à ses premiers dessins.

À l’âge de seize ans, Roger de Coninck est remarqué par le peintre Louis Ramah, ami de sa famille, qui l’encourage et le guide dans sa formation artistique jusqu’à sa disparition. Il bénéficie ensuite des conseils du peintre Paul Maas, dont l’influence marque ses premières œuvres. Dans le même temps, Edgar Tytgat l’initie à l’étude du modèle vivant, discipline qui fera de lui un dessinateur accompli.

Au lendemain de la guerre de 40, Roger de Coninck est le cadet de la Jeune Peinture Belge. Il y noue des amitiés durables avec Pierre Alechinsky, Louis Van Lint, Serge Creuz ou encore Anne Bonnet.

En 1945, il est introduit à la galerie Apolo où il fera sa première exposition personnelle. En 1946, il fréquente le Grenier des Poètes où il se lie d’amitié avec le poète Norge et rencontre Luc et Paul Hasaerts, Charles Bernard et Robert Giron, qui soutiendront sa carrière.

Le 11 juillet 1946, il épouse Marie-Julie De Mey, petite-fille du peintre Henri Evenepoel. Deux ans plus tard naît leur fille Françoise.

Entre 1950 et 1954, Roger de Coninck expose régulièrement à la galerie La Sirène, dirigée par Richard Lucas. En 1952, il obtient le prix Louis Schmidt et reçoit, l’année suivante, une bourse du gouvernement belge pour aller peindre au Congo. À l’issue de son séjour, il expose à Luluabourg où la quasi-totalité de ses œuvres seront vendues.

Durant l’hiver, le peintre séjourne fréquemment en Provence. Il affectionne cette saison car en été, disait-il, « le soleil boude les couleurs ». En Provence, il se lie d’amitié avec Bernard Budet et se portraiturent l’un l’autre.

Mais la Provence n’est pas son unique source d’inspiration. La mer du Nord occupe une place tout aussi essentielle. À Nieuport, il séjourne régulièrement dans la villa familiale l’Hermitage, située sur la digue. Dans de nombreuses toiles, c’est à travers les découpes Art Nouveau de la terrasse de l’Hermitage qu’il peint la digue, la plage, la mer et le ciel.

En 1959, Roger de Coninck quitte la Belgique pour s’installer à Paris. Il rejoint la galerie Framond, rue des Saints-Pères, dirigée par Grégor Hamparsoumyan, qui défendra son œuvre toute sa vie.

À une époque où l’abstraction domine largement la scène artistique internationale, Roger de Coninck demeure fidèle à la figuration. Cette fidélité n’est ni conservatisme ni refus du renouvellement : elle procède d’une exigence personnelle et d’une profonde sincérité. Imperméable aux effets de mode, il poursuit inlassablement sa propre recherche picturale.

Cette démarche lui vaut une reconnaissance croissante. En 1966, il reçoit à Paris le Prix de la Critique. Bien qu’il ait passé près des trois quarts de sa carrière en France, ce peintre belge est considéré dans un article publié le 5 novembre 1982 dans La Libre Belgique comme « le premier des derniers expressionnistes ayant recueilli la meilleure part de l’héritage de l’école de Sint-Martens-Latem ».

Cependant, l’œuvre de Roger de Coninck ne se résume pas à cet héritage. Au fil des années, son langage plastique s’épure. Sans jamais céder à l’abstraction, il réduit progressivement ses moyens d’expression et tend vers une forme de minimalisme maîtrisé. Les dernières œuvres se distinguent par une austérité lumineuse où chaque élément paraît essentiel. Comme l’écrivait la critique Danièle Gillemon dans Le Mad du 14 juin 2023, Roger de Coninck « transcende tout un héritage en termes de lumière et de dépouillement ».

Roger de Coninck s’éteint en 2002 à l’hôpital de Bligny, dans l’Essonne.

Tout au long de sa carrière, il expose à Paris tous les deux ans mais participe également à des expositions à Londres, Osaka et New York. Ses œuvres entrent alors dans de nombreuses collections privées européennes, japonaises et américaines.

Après sa disparition, plusieurs expositions contribuent à redécouvrir son travail. En avril 2004, Serge Goyens de Heusch organise à Bruxelles une importante rétrospective à la Fondation pour l’Art belge contemporain de la Cité Fontainas. Le 19 mai de la même année, Grégor Hamparsoumyan lui rend hommage à Paris à travers une nouvelle rétrospective. En 2010, une exposition est organisée à Waterloo au centre culturel Armand Bernier, suivie d’une autre dans les Halles de Nieuport Ville ainsi qu’en 2021 à la Maison Lismonde à Linkebeek. En 2023 enfin, la galerie Nardone de La Louvière présente « Roger de Coninck, voyage d’une vie », confirmant l’intérêt renouvelé suscité par son œuvre.

Un siècle après sa naissance, Roger de Coninck apparaît comme l’une des figures singulières de la peinture belge du XXᵉ siècle. Héritier de l’expressionnisme flamand tout en demeurant profondément personnel, il a construit une œuvre à contre-courant des tendances dominantes, guidée par une même quête : saisir, dans la lumière et le dépouillement, la vérité silencieuse du monde.

Danielle de Coninck (mai 2026).