Bert Rückert


du 26/01 au 18/02/2018

 


 

ELEMENTS BIOGRAPHIQUES
1953 Naissance à Marktredwitz, Allemagne.
1970-1973 Apprentissage et brevet de mécanicien
1973-1975 Fin des études secondaires et Baccalauréat
1976-1978 Apprentissage de sculpteur sur bois
1979-1984 Académie des Beaux-Arts de Münich
1985 Diplôme des Beaux-Arts, mention Très Bien, Meisterschüler du Pr Baschang
1987 Lauréat du Förderprogramm de L’ART à Cologne
1989 Installation à Paris: Bourse et Atelier à la Cité internationale des Arts (Paris)
1990 Prix de la ville de Münich pour la Peinture
2005 Obtention d’un atelier de la Ville de Paris
Vit et travaille à Paris.


EXPOSITIONS PERSONNELLES
2016 : Peintures, Rue des Annelets
2014 : Peintures, Conciergerie, Regnéville-sur-mer
2012 : Peintures, Galerie Olink, La Haye - Peintures, Rue des Annelets
2010 : Peintures, Domaine de Quincampoix
2009 : Peintures, Kopfüber-Kopfunter, Bildersaal, Artothek, Münich
2008 : Peintures, Galerie Wittenbrink, Fünf Höfe, Münich - Peintures La Mals, Sochaux
2007 : Peintures, Galerie des AAB Paris - Peintures, Rue des Annelets
2006 : Peintures, Galerie des AAB Paris - Peintures, Galerie Wittenbrink, Fünf Höfe, Münich
2005 : Installation Provisoire, 60 tableaux chez Maia Tubiana, Paris
2003 : Paris-München, Max Planck Institut, Münich (catalogue) - Peinture-Sculpture, avec Vladimir Skoda, Studio Zéro, Paris
2002 : Peintures, centre d’Art, Formentera, Espagne
2001 : Acryliques, Galerie Paramythiotis, Paris
1999 : Malerei, Galerie Wittenbrink, Münich -  Exposition d’un jour, Studio Zéro, Paris
1995 : Travaux sur papier, Atelier d’Architecture Le Guay, Paris - Kunst in der Klinik, Universitäts Klinik, Münich
1993 : Peintures, Galerie Wittenbrink, Münich
1992 : Dessins, Galerie Wittenbrink, Münich
1991 : Peinture-Sculpture, avec Vladimir Skoda, Städt. Galerie im Rathausfletz - Neuburg an der Donau (catalogue)
1990 : Peintures, Galerie Wittenbrink, Mûnich
1988 : Peintures, Galerie Zell am See, Autriche
1987 : Peintures, Galerie Wittenbrink, Münich (catalogue)

COLLECTIONS PUBLIQUES
1987 : Deutsche Bank (dessins)
1989 : Université de Münich
1991 : Art collection BMW Bonn - Université de Münich
1995 : Universitäts Klinik, Münich
2003 : Max Planck Institut, Leipzig
2008 : La Mals, Sochaux - Artothek, Münich

 

LIENS EXTERNES

site de l'artiste


 

 

Les couleurs de l’instant (extraits)

… Sa peinture frémit, comme le vent agitant doucement les transparences d’une mousseline. Elle fascine, comme le feu qui crépite dans la cheminée. Elle absorbe, comme le clapotement de l’eau. Elle invite au voyage intérieur, comme ces couchers de soleil chatoyants qui vous laissent deviner que mille ailleurs existent. Elle aspire, elle respire, elle inspire. Les tableaux de Rückert vibrent et font vibrer, vivent et font exister.

Il peint l’instant mystérieux du devenir, quand tout est déjà là, mais que rien n’est encore défini. De son pinceau polychrome, il s’efforce de caresser l’impalpable, s’entête à capturer le mouvement. Il tente de raconter l’indicible : cet incessant miracle des noces du passé et de l’avenir. Jour après jour, il écrit amoureusement sur sa toile le livre des transformations, la beauté des transfigurations, la richesse inouïe des rencontres, la liberté de la lumière, le hasard et la nécessité des naissances, le temps renouvelé…

Chantal de Rudder


 

 Le corps de la peinture

« Fabula de lineis et coloribus », disait Heinrich Wölfflin du différend qui avait naguère opposé les tenants du dessin et ceux de la couleur. En chacune de ses œuvres, la peinture de Bert Rückert semble recréer ce conflit historique à l’échelle de la toile dont les dimensions, dépassant souvent la taille humaine, en font une scène épique.

Au champ de cette bataille qui se déploie parfois sur deux ou trois pans, la nappe de bleu, le jet de minium, l’éclaboussure sanguine, la traînée laiteuse, la brume jaune teintée de vert acide se cognent, se recouvrent et se mêlent. Ici le pourpre est cérusé, là le rose a épaissi en écume grise, mousseuse, presque violette ; ailleurs des lames d’outremer ont gagné sur le rouge, encore apparent. La couleur a échappé au pinceau, aux poils de la brosse. Elle s’est répandue, étalée, comme mue par sa propre masse, libérée du geste de la main, balayant la surface jusqu’à la tremper, l’immerger. Elle l’a envahie par flaques, épaisses ou translucides, et creusé un fond d’où affleurent par intermittences des aspérités, grains du pigment, amas coagulés, fibres tissées.

Mais de ce joyeux tumulte sans plus de centre de gravité, dispersant le regard dans la multitude des événements qui le créent – chocs des teintes, contrastes des densités et de la fluidité, des aplats et des giclées –, s’impose, sponte sua, une stabilité. Là même où le désordre, inscrit par des mouvements divergents, continue d’agiter la contemplation un sens s’indique : disegno. Ce n’est pas celui de quelques formes rescapées, ovale des pétales d’une fleur silhouettée, dans les dessous de la teinte, ou cercle en surimpression, inachevé, marque d’un objet déposé. Elles participent, ces formes, ces courbes, à la mêlée. Non, le disegno émerge de la rencontre des masses, de son rythme syncopé par une bande latérale uniforme ou par des transversales qui découpent des zones, des plages, instaurant un bas et un haut, rappelant les limites du cadre et y reconduisant. Alors l’œil se dégage du foisonnement de la texture et s’apaise dans l’unité ressaisie du rectangle de la toile. Pour mieux y retourner. Car l’abstraction trouve dans les œuvres de Bert Rückert l’éclat de la fête.

Isabelle Chatelet